Contenus
12.19.2025

Recrutement en cabinet d'expertise comptable : comment attirer, recruter et fidéliser les bons profils

Attirer, recruter, intégrer : le guide complet du recrutement en cabinet d'expertise comptable. Des conseils concrets pour éviter les erreurs et fidéliser vos talents.

Vous voulez développer votre cabinet d’expertise comptable. Mais vous hésitez à recruter.

D'un côté, vous croulez sous la charge. Vos collaborateurs saturent, vous refusez des missions et vous sentez que la croissance vous échappe faute de bras. De l'autre, vous entendez parler de facture électronique, d'automatisation, d'intelligence artificielle. Et vous vous demandez : "Est-ce vraiment le moment d'embaucher ? Dans trois ans, aurai-je encore besoin de ce poste ?"

Ce dilemme, nous le rencontrons dans presque tous les cabinets que nous accompagnons. Il paralyse les décisions, repousse les recrutements et finit par coûter cher en surcharge, en opportunités manquées, en collaborateurs épuisés qui finissent par partir.

La réalité, c'est que la question n'est pas "faut-il recruter ou automatiser", mais : "Qui recruter aujourd'hui pour être performant demain ?" Car oui, le métier change. Oui, certaines tâches vont disparaître. Mais non, vous n'allez pas remplacer vos collaborateurs par des logiciels. Vous allez avoir besoin de profils différents, capables de faire ce que les machines ne feront jamais (conseiller, accompagner, créer de la relation…).

Dans cet article, nous allons poser les bases d'un recrutement réussi en cabinet d'expertise comptable. Pas une méthode théorique, mais une approche pragmatique, construite à partir de ce que nous observons sur le terrain.

Recruter ou automatiser : le faux dilemme du recrutement en cabinet d’expertise comptable

Commençons par crever l'abcès. Depuis l'annonce de la facture électronique obligatoire, une question revient en boucle dans les cabinets : "Si la saisie disparaît, à quoi vont servir mes collaborateurs ?" Certains dirigeants en tirent une conclusion un peu hâtive : inutile de recruter maintenant, attendons de voir.

Eh bien, c'est une erreur et elle risque de vous coûter cher.

Ce que l'automatisation va vraiment changer

Soyons clairs : oui, la facture électronique va transformer le quotidien des cabinets. La récupération automatique des données, la pré-comptabilisation, les rapprochements bancaires assistés, etc. tout cela va réduire drastiquement le temps passé sur la saisie. Les outils existent déjà et ils vont se généraliser.

Mais voilà ce que beaucoup oublient : la saisie n'a jamais été la valeur ajoutée d'un cabinet. C'était une contrainte. Un passage obligé. Le temps que vos collaborateurs passaient à ressaisir des factures, c'était du temps qu'ils ne passaient pas à analyser, conseiller et anticiper.

L'automatisation ne va pas supprimer le besoin de collaborateurs, elle va supprimer les tâches que personne n'avait envie de faire. Et, disons-le, c'est une excellente nouvelle.

Téléchargez notre Benchmark des logiciels pour experts-comptables

Ce qui va disparaître, ce qui va monter en valeur

Voici ce qui va progressivement s'effacer :

  • La saisie manuelle des pièces comptables.
  • Les travaux de pointage et de lettrage répétitifs.
  • Une partie des déclarations fiscales simples et récurrentes.
  • Le traitement des flux standardisés.

Légende : Un exemple de logiciel gérant la facturation électronique : Qonto.

Et voici ce qui va prendre de plus en plus de place :

  • L'analyse des données et le conseil stratégique.
  • L'accompagnement des clients dans leurs décisions (investissement, transmission, organisation).
  • La relation client, la disponibilité, la réactivité.
  • La gestion des cas complexes qui nécessitent du jugement humain.
  • Le pilotage et le suivi de gestion.

Autrement dit, le métier ne disparaît pas, il se déplace et ce déplacement crée un besoin massif de compétences que vous n'avez peut-être pas encore dans vos équipes.

Ecoutez notre épisode de podcast en compagnie de Geoffrey Laurendeau,  fondateur du cabinet Bright Conseil

Le vrai risque : attendre et se retrouver débordé

Voici le scénario que nous voyons se dessiner dans de nombreux cabinets d’expertise comptable :

Aujourd'hui, vos collaborateurs passent une part significative de leur temps sur des tâches de production à faible valeur ajoutée. Demain, ces tâches seront automatisées. Vous allez donc "récupérer" du temps. Parfait.

Sauf que ce temps, il va falloir le réinvestir. Vos clients vont attendre davantage de conseil. Vos concurrents vont monter en gamme et si vous n'avez pas les profils capables de délivrer cette valeur, vous allez vous retrouver avec du temps libéré...mais rien à en faire. Ou pire : vous allez perdre des clients qui iront chercher ailleurs ce que vous ne savez pas leur apporter.

Le cabinet d’expert comptable qui attend la fin de la transition pour recruter aura deux problèmes au lieu d'un : un retard de compétences et un marché de l'emploi toujours aussi tendu.

Car c'est l'autre réalité qu'il ne faut pas ignorer : le marché des collaborateurs comptables est structurellement en tension. On se rapproche des 30 000 postes vacants (source) et on comptabilise aujourd’hui 17 000 offres d’emploi rien que sur Indeed. Les bons profils sont rares, sollicités et, par conséquent, exigeants. Si vous attendez d'être dos au mur pour recruter, vous recruterez dans l'urgence, avec moins de choix et probablement à un coût plus élevé.

Recruter maintenant, mais différemment

La conclusion n'est pas qu'il faut recruter à tout prix, n'importe qui, n'importe quand. C'est qu'il faut recruter intelligemment, en anticipant ce que sera votre cabinet d’expertise comptable dans trois à cinq ans.

Cela signifie plusieurs choses : 

  • D'abord, arrêter de recruter uniquement pour "faire la prod". Si vous cherchez quelqu'un pour saisir des factures, vous recrutez pour le passé. Cherchez plutôt quelqu'un capable de produire aujourd'hui et de conseiller demain. Quelqu'un qui a l'appétence pour la relation client, la curiosité pour les outils, la capacité à monter en compétences.
  • Ensuite, accepter que le profil idéal n'existe peut-être pas sur le marché. Vous allez devoir former, accompagner, faire grandir. 
  • Enfin, intégrer le recrutement dans une réflexion plus large sur l'organisation de votre cabinet d’expertise comptable. Qui fait quoi ? Quelles missions gardez-vous en interne ? Lesquelles externalisez-vous ? Quelle est votre cible de rentabilité par collaborateur ? Ces questions doivent précéder (ou au minimum accompagner) la décision de recruter.

Le faux dilemme "recruter ou automatiser" masque la vraie question : comment construire une équipe capable de délivrer la valeur que vos clients attendent, aujourd'hui et demain ? 

Définir le bon profil : qui recruter pour les cinq prochaines années ?

Une fois le principe acté - oui, vous devez recruter - reste la question centrale : qui ?

C'est là que beaucoup de cabinets se trompent. Ils recrutent pour combler un vide immédiat, sans se demander si le profil recherché sera encore pertinent dans trois ans. 

Recruter efficacement, c'est d'abord poser les bonnes questions avant de rédiger l'annonce.

Les profils qui manquent aujourd'hui

Quand on interroge les dirigeants de cabinets d’expertise comptable sur leurs difficultés de recrutement, ce sont toujours les mêmes réponses qui reviennent : 

  • Le collaborateur polyvalent, capable de gérer un portefeuille en autonomie, de la saisie jusqu'à la révision, tout en maintenant une relation client de qualité. Ce profil est rare, car il suppose à la fois de la technique, de l'organisation et du relationnel. Beaucoup de candidats cochent une ou deux cases, rarement les trois.
  • Le spécialiste social et paie, dans un contexte où la gestion sociale se complexifie et où de nombreux cabinets ont externalisé cette activité faute de ressources internes. Ceux qui veulent réinternaliser ou développer ce pôle peinent à trouver des profils expérimentés.
  • Le profil orienté conseil, capable de sortir de la production pure pour accompagner les clients sur des sujets à plus forte valeur ajoutée : analyse de rentabilité, prévisionnels, aide à la décision, accompagnement à la transmission. Ces profils existent, mais ils ne cherchent pas forcément à travailler en cabinet. Ils sont souvent en entreprise, en direction financière ou à leur compte.

Le marché propose beaucoup de profils juniors ou de profils très spécialisés sur la production, mais peu de collaborateurs immédiatement opérationnels sur les missions à valeur ajoutée. Et cette tension ne va pas se résorber…

Découvrez les clés du succès pour les cabinets d'expertise comptable. Un article où il est question de développement commercial.

Les compétences différenciantes pour demain

Au-delà des compétences techniques (qui restent évidemment un prérequis), ce sont les compétences transversales qui vont faire la différence dans les années à venir.

A savoir : 

  • La relation client. Un collaborateur qui sait produire un bilan, c'est bien. Un collaborateur qui sait l'expliquer au client, répondre à ses questions, anticiper ses besoins, c'est mieux. 
  • L'appétence pour les outils digitaux. Pas besoin d'être développeur, mais un collaborateur qui refuse d'utiliser un nouveau logiciel, qui traîne des pieds devant chaque évolution technique, va devenir un frein. 
  • L'autonomie et la capacité d'organisation. Dans un cabinet d’expertise comptable en croissance, le dirigeant ne peut pas tout superviser. Il a besoin de collaborateurs capables de gérer leurs priorités, de respecter les délais, de signaler les problèmes avant qu'ils ne deviennent des crises. 
  • La capacité d'analyse. Produire des chiffres, c'est une chose. Les interpréter, identifier les signaux faibles, formuler des recommandations, c'est une autre compétence. Et c'est précisément celle qui va permettre de monter en gamme sur les missions de conseil.

Construire une scorecard tournée vers l'avenir

La scorecard, c'est le document qui synthétise ce que vous recherchez chez un candidat. Beaucoup de cabinets en rédigent une, mais elle se limite souvent à une liste de tâches actuelles : "maîtrise de Sage", "expérience en révision", "connaissance des déclarations fiscales".

Ce n'est pas suffisant. 

Une scorecard efficace doit intégrer trois dimensions :

  • Les compétences techniques indispensables aujourd'hui : ce sont les prérequis pour être opérationnel rapidement. Elles dépendent du poste, du niveau d'expérience recherché, des outils utilisés dans le cabinet.
  • Les compétences transversales qui feront la différence : relationnel, autonomie, rigueur, curiosité. Ces critères sont plus difficiles à évaluer, mais ils sont souvent plus prédictifs de la réussite à long terme que les compétences techniques pures.
  • Le potentiel d'évolution vers les missions de demain : est-ce que ce candidat pourra, dans deux ou trois ans, prendre en charge des missions de conseil ? Accompagner des clients sur des sujets complexes ? Former des juniors ? Cette projection est essentielle pour éviter de recruter un profil qui sera "périmé" avant d'avoir amorti l'investissement.

Concrètement, cela signifie poser des questions différentes en entretien. Pas seulement "quels logiciels maîtrisez-vous ?", mais aussi "comment réagissez-vous quand un client vous pose une question hors de votre périmètre habituel ?", "racontez-moi une situation où vous avez dû vous adapter à un nouvel outil", "qu'est-ce qui vous intéresse dans le métier au-delà de la production ?".

Recrutement en cabinet d’expertise comptable : comment attirer les bons candidats ?

Vous savez maintenant qui vous cherchez. Reste à le trouver.

Et c'est là que les choses se compliquent. Car le marché du recrutement en expertise comptable n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a dix ans. À l'époque, vous pouviez publier une annonce et recevoir des dizaines de candidatures. Aujourd'hui, vous publiez la même annonce et vous attendez…longtemps…parfois pour rien.

Le rapport de force s'est inversé. Ce ne sont plus les candidats qui doivent convaincre les cabinets. Ce sont les cabinets qui doivent convaincre les candidats

Découvrez la raison d’être des cabinets d’expertise comptable : donner un sens à la profession et se différencier.

Où sourcer : les canaux et leurs limites

Commençons par les bases. Où trouver des candidats ?

Les plateformes d'emploi généralistes (Indeed, HelloWork, France Travail) restent un point de passage. Elles offrent de la visibilité et permettent de capter des profils en recherche active. 

Mais la concurrence y est forte et la qualité des candidatures inégale. Vous allez recevoir beaucoup de CV, dont une minorité correspondra réellement à votre besoin.

Les plateformes spécialisées (comme Hubemploi, la plateforme proposée par l'Ordre des experts-comptables) ciblent mieux, mais touchent un vivier plus restreint. Elles sont utiles pour des profils techniques, moins pour des profils atypiques ou en reconversion.

LinkedIn est devenu incontournable. C'est à la fois une plateforme de diffusion (vous pouvez y publier vos offres) et un outil de chasse (vous pouvez y identifier et contacter directement des candidats potentiels). 

La chasse directe (on parle aussi de "sourcing actif") est particulièrement efficace pour toucher des profils qui ne sont pas en recherche active mais qui pourraient être ouverts à une opportunité. Elle demande, c’est vrai, du temps, de la méthode et des messages personnalisés, car un message générique envoyé en masse ne donnera rien.

Au-delà de ces canaux digitaux, la cooptation reste l'un des canaux les plus efficaces. Vos collaborateurs connaissent des anciens collègues, des camarades de promotion, des contacts dans la profession. En mettant en place une prime de cooptation, vous les incitez à activer leur réseau. Et les candidats recommandés ont souvent un taux de réussite supérieur : ils arrivent avec une connaissance indirecte du cabinet et une validation implicite par quelqu'un de confiance.

Retenez qu’aucun de ces canaux ne suffit à lui seul. La bonne stratégie, c'est de les combiner : une présence sur les plateformes pour la visibilité, du sourcing actif sur LinkedIn pour aller chercher les meilleurs et la cooptation pour capitaliser sur votre réseau existant.

La marque employeur : ce n'est pas du marketing, c'est une réalité à construire

Vous pouvez multiplier les canaux de sourcing, optimiser vos annonces, relancer les candidats, si votre cabinet n'a rien d'attractif à offrir, vous n'attirerez pas les bons profils (ou vous les attirerez, mais ils partiront chez le concurrent au bout de six mois…).

La marque employeur, ce n'est pas un logo ou un slogan. C'est la réponse à une question simple : pourquoi un bon candidat choisirait-il de travailler chez vous plutôt qu'ailleurs ?

Cette question mérite une vraie réflexion. Qu'est-ce qui vous différencie :

  • L'ambiance de travail ? 
  • La qualité du management ? 
  • Les perspectives d'évolution ? 
  • La diversité des missions ? 
  • La rémunération attractive ?
  • La flexibilité (télétravail, horaires) ? 
  • L'engagement sur la formation ? 
  • La modernité des outils ?

Vous devez savoir ce que vous proposez réellement et être capable de le formuler.

Rédiger une offre qui donne envie

L'offre d'emploi est souvent le premier contact entre vous et un candidat. 

Trop souvent, elle ressemble à toutes les autres : une liste de missions, une liste de compétences requises, une phrase sur "l'ambiance dynamique" et c'est tout.

Pour sortir du lot, votre offre doit répondre à trois exigences : 

  • La clarté sur les missions. Pas une liste à la Prévert, mais une description concrète de ce que la personne fera au quotidien. Quel type de clients ? Quel niveau d'autonomie ? Quelle proportion de production versus conseil ? Plus vous êtes précis, plus vous attirez des candidats qui se reconnaissent dans le poste (et vous évitez les candidatures hors sujet).
  • La transparence sur la rémunération. C'est un sujet qui crispe beaucoup de dirigeants, mais ne pas le faire, c'est prendre le risque de perdre des candidats qui ne postuleront pas "dans le flou" ou de perdre du temps avec des profils dont les attentes sont incompatibles avec votre budget. Mieux vaut être clair dès le départ.
  • La projection dans l'évolution. Qu'est-ce que ce poste peut devenir dans deux ans, trois ans, cinq ans ? Quelles sont les perspectives de montée en compétences, de prise de responsabilités, éventuellement d'association ? 

Le bon niveau de rémunération : comment se positionner ?

La question du salaire est centrale. Trop bas, vous n'attirez personne ou vous attirez des profils par défaut. Trop haut, vous déséquilibrez votre structure de coûts et vous créez des tensions avec les collaborateurs en place.

La première étape, c'est de connaître le marché. Les grilles de rémunération évoluent vite et ce qui était compétitif il y a deux ans ne l'est peut-être plus. Consultez les études de rémunération publiées par les cabinets de recrutement spécialisés, interrogez votre réseau, regardez ce que proposent les offres concurrentes.

Source : Liberall Conseil

La deuxième étape, c'est de définir votre positionnement. Vous n'êtes pas obligé d'être le mieux-disant sur le salaire, mais si vous proposez moins que le marché, vous devez compenser par autre chose : flexibilité, qualité de vie, perspectives d'évolution, intérêt des missions. 

Un candidat peut accepter un salaire légèrement inférieur s'il perçoit une vraie valeur ajoutée sur d'autres critères.

La troisième étape, c'est d'être cohérent en interne. Recruter quelqu'un à un niveau de salaire supérieur à celui de collaborateurs plus anciens, c'est créer un problème. Avant de fixer le salaire d'une nouvelle recrue, vérifiez que votre grille interne est à jour, quitte à revaloriser certains collaborateurs en poste.

Du premier contact à l'épanouissement : structurer le recrutement et réussir l'intégration

Vous avez trouvé un candidat qui correspond à votre besoin. Il est intéressé. Tout semble bien engagé.

C'est maintenant que tout peut basculer.

Car entre le premier échange et la signature du contrat, il y a un parcours semé d'embûches.

Et même après la signature, rien n'est gagné : un collaborateur mal intégré peut partir au bout de quelques mois. 

Le processus de recrutement ne s'arrête pas à l'acceptation de l'offre, il s'arrête quand le collaborateur est autonome, engagé et épanoui dans son poste.

Structurer le processus de recrutement en cabinet d’expertise comptable

Un processus de recrutement efficace n'a pas besoin d'être complexe, mais il doit par contre être structuré, avec des étapes claires et un objectif précis à chaque étape :

  • L'entretien téléphonique de qualification (15-20 minutes). C'est un premier filtre. L'objectif n'est pas de tout savoir sur le candidat, mais de vérifier les fondamentaux : est-ce que son parcours correspond au poste ? Ses attentes salariales sont-elles compatibles avec votre budget ? Ses contraintes (mobilité, disponibilité) sont-elles compatibles avec vos besoins ? 
  • L'entretien approfondi (45 minutes à 1 heure). C'est le cœur du processus. Vous creusez le parcours, les compétences techniques, les motivations. Vous explorez aussi les compétences transversales : comment le candidat gère-t-il ses priorités ? Comment réagit-il face à un client difficile ? Qu'a-t-il appris de ses expériences passées ? C'est aussi le moment d'évaluer l'adéquation culturelle : est-ce que cette personne va s'intégrer dans l'équipe ? Partage-t-elle les valeurs du cabinet ? 
  • Le cas pratique. C'est l'étape que beaucoup de cabinets négligent…à tort. Un cas pratique bien conçu vous en apprend plus qu'une heure d'entretien. Le but n’est pas de piéger le candidat, mais de le mettre en situation réelle : analyser un bilan, identifier des anomalies, proposer des recommandations. Cela permet d’évaluer la qualité du raisonnement, la rigueur, la capacité à structurer une réponse. Et vous donnez au candidat un aperçu concret de ce qui l'attend.
  • L'entretien final, plus informel. C'est l'occasion de parler de l'avenir : les perspectives d'évolution, les projets du cabinet, la place que pourrait prendre le candidat à moyen terme. C'est aussi le moment de lever les derniers doutes, de part et d'autre. 

Réactivité et communication : les deux erreurs fatales

Si vous mettez trois semaines à répondre entre chaque étape, vous allez perdre vos meilleurs candidats.

La réactivité est devenue un facteur différenciant. Les bons profils ne restent pas longtemps sur le marché. Si vous tardez, quelqu'un d'autre signera avant vous. Idéalement, le délai entre le premier contact et l'offre finale ne devrait pas dépasser deux à trois semaines. Cela suppose de bloquer du temps dans votre agenda pour les entretiens et de prendre des décisions rapidement.

La communication est l'autre point critique. Un candidat qui n'a pas de nouvelles pendant dix jours va imaginer le pire ou passer à autre chose. Même si vous n'avez pas encore pris de décision, envoyez un message pour dire où vous en êtes. Cette attention montre que vous respectez le candidat et que vous êtes un employeur sérieux.

À l'inverse, voici ce qui fait fuir les bons candidats : 

  • Des délais de réponse interminables.
  • Des entretiens reportés à la dernière minute.
  • Des promesses non tenues ("on vous rappelle en fin de semaine" et rien ne vient).
  • Un manque de transparence sur le processus ou la rémunération. 

L'intégration : c'est là que tout se joue

Le contrat est signé, le collaborateur arrive…et c'est le vide. Pas de poste de travail prêt. Pas de planning d'intégration. Un vague "on va te montrer" et une immersion dans le grand bain dès le premier jour. 

Le nouveau collaborateur se retrouve livré à lui-même, à essayer de comprendre comment les choses fonctionnent, qui fait quoi, où trouver les informations. Le risque, c’est une démission dans les premiers mois.

Le coût d'un recrutement raté (entre le temps passé, la formation investie et la désorganisation engendrée) se chiffre en dizaines de milliers d'euros. Sans compter l'impact sur le moral des équipes.

L'intégration n'est pas un "nice to have". C'est une étape du recrutement à part entière, qui mérite autant d'attention que la sélection.

Le plan 30/60/90 jours

Le plan 30/60/90 jours est une méthode simple et efficace pour structurer les premiers mois d’intégration d’un nouveau collaborateur : 

  • Les 30 premiers jours : découverte et observation. L'objectif est que le collaborateur comprenne l'environnement : l'organisation du cabinet, les outils, les process, les clients. Il observe, pose des questions, commence à prendre en main des dossiers simples. À la fin de cette période, il doit avoir une vision claire de son rôle et des attentes.
  • De 30 à 60 jours : montée en charge progressive. Le collaborateur prend de l'autonomie sur ses missions. Il gère ses premiers dossiers en propre, avec un accompagnement qui se fait plus léger. C'est aussi le moment d'identifier les points de friction : y a-t-il des compétences à renforcer ? Des process à clarifier ? Des ajustements à faire ?
  • De 60 à 90 jours : autonomie et premiers bilans. Le collaborateur doit être opérationnel sur son périmètre. Un point formel à 90 jours permet de faire le bilan : qu'est-ce qui fonctionne ? Qu'est-ce qui doit être amélioré ? Quels sont les objectifs pour les mois suivants ? Ce point est aussi l'occasion de recueillir le feedback du collaborateur sur son intégration..

Mesurer l'épanouissement et anticiper les signaux faibles

L'intégration ne s'arrête pas à 90 jours. Un collaborateur peut très bien réussir sa prise de poste et se désengager six mois plus tard. 

Votre rôle, en tant que dirigeant ou manager, est de maintenir le dialogue dans la durée. Des points réguliers (mensuels ou trimestriels) permettent de prendre le pouls, de détecter les frustrations avant qu'elles ne deviennent des décisions de départ.

Quelques signaux doivent vous alerter : 

  • Un collaborateur qui s'isole.
  • Qui ne participe plus aux échanges.
  • Qui fait le minimum.
  • Qui accumule les retards ou les erreurs inhabituelles.

Ces signaux ne sont pas toujours faciles à interpréter, mais ils méritent une attention car, honnêtement, mieux vaut une conversation franche trop tôt qu'un courrier de démission trop tard.

Former et faire grandir : la clé de la fidélisation

Un collaborateur qui n'apprend plus est un collaborateur qui s'ennuie. Et un collaborateur qui s'ennuie finit par partir. Point.

La formation continue n'est pas un coût, c'est un investissement. Elle permet de maintenir les compétences à jour, d'accompagner l'évolution du métier et de montrer au collaborateur que vous misez sur lui. 

Cela peut prendre des formes variées : formations externes certifiantes, formations internes entre pairs, participation à des conférences, accès à des ressources en ligne.

Au-delà de la formation formelle, c'est la culture du feedback et de la progression qui compte. Un collaborateur qui reçoit des retours réguliers sur son travail (positifs comme constructifs) progresse plus vite et se sent plus engagé. 

Faire grandir vos collaborateurs, c'est aussi leur confier progressivement plus de responsabilités. Un collaborateur cantonné aux mêmes tâches pendant des années va plafonner et chercher ailleurs de quoi se renouveler. En lui ouvrant de nouveaux périmètres, en l'associant à des projets transverses, en lui donnant l'occasion de former les plus juniors, vous créez un chemin de progression qui donne envie de rester.

Conclusion

Recruter dans un cabinet d'expertise comptable n'a jamais été aussi complexe. Marché en tension, mutations technologiques, nouvelles attentes des candidats : les dirigeants doivent repenser leur approche de A à Z.

Mais cette complexité est aussi une opportunité. Les cabinets qui sauront recruter intelligemment (en anticipant les compétences de demain, en construisant une vraie marque employeur, en structurant leur processus et en soignant l'intégration) prendront une longueur d'avance. 

Vous souhaitez structurer votre approche du recrutement et de l'organisation RH ?

Chez Liberall Conseil, nous accompagnons les cabinets d'expertise comptable dans leur transformation : définition des profils, marque employeur, structuration des équipes, montée en compétences. 

Notre objectif est de vous rendre autonome dans votre capacité à attirer, recruter et fidéliser les talents dont vous avez besoin pour grandir.

Vous avez un projet ? Parlons-en.

Questions fréquentes

Faut-il encore recruter en cabinet d’expertise comptable avec l’automatisation et la facture électronique ?

Down arrow icon
Oui. L’automatisation ne supprime pas le besoin de collaborateurs, elle transforme leur rôle. Les tâches de saisie diminuent, mais les besoins en analyse, supervision, relation client et conseil augmentent. Ne pas recruter aujourd’hui, c’est risquer un déficit de compétences demain et une surcharge durable des équipes en place.

Quels profils recruter aujourd’hui pour être performant dans les prochaines années ?

Down arrow icon
Les cabinets doivent privilégier des profils capables de produire aujourd’hui et d’évoluer demain. Au-delà des compétences techniques, les qualités clés sont l’autonomie, la capacité d’analyse, l’appétence pour les outils digitaux et le sens de la relation client. Le potentiel d’évolution vers des missions à valeur ajoutée est devenu un critère central.

Pourquoi est-il devenu si difficile de recruter des collaborateurs comptables ?

Down arrow icon
Le marché est structurellement en tension, avec de nombreux postes vacants et peu de profils expérimentés disponibles. Les candidats sont sollicités et exigeants. Le rapport de force s’est inversé : ce sont désormais les cabinets qui doivent se rendre attractifs, clarifier leur proposition et professionnaliser leur approche du recrutement.

Comment attirer de bons candidats dans un contexte de forte concurrence ?

Down arrow icon
Attirer les bons profils suppose de travailler sa marque employeur, d’être clair sur les missions, la rémunération et les perspectives d’évolution, et de multiplier les canaux de sourcing (plateformes, LinkedIn, chasse directe, cooptation). Les candidats choisissent un cabinet autant pour son projet et son environnement que pour le poste lui-même.

Pourquoi l’intégration est-elle aussi importante que le recrutement lui-même ?

Down arrow icon
Un recrutement réussi ne s’arrête pas à la signature du contrat. Sans intégration structurée, un collaborateur peut se désengager ou partir rapidement. Un parcours clair (plan 30/60/90 jours), des points réguliers et un accompagnement à la montée en compétences sont essentiels pour sécuriser le recrutement et fidéliser durablement.
Les salaires des experts-comptables
Les salaires des experts-comptables
z
z
Lancer mon site avec Ourama.
L'agence de communication dédiée aux professions libérales.