Attirer, recruter, intégrer : le guide complet du recrutement en cabinet d'expertise comptable. Des conseils concrets pour éviter les erreurs et fidéliser vos talents.
Vous voulez développer votre cabinet d’expertise comptable. Mais vous hésitez à recruter.
D'un côté, vous croulez sous la charge. Vos collaborateurs saturent, vous refusez des missions et vous sentez que la croissance vous échappe faute de bras. De l'autre, vous entendez parler de facture électronique, d'automatisation, d'intelligence artificielle. Et vous vous demandez : "Est-ce vraiment le moment d'embaucher ? Dans trois ans, aurai-je encore besoin de ce poste ?"
Ce dilemme, nous le rencontrons dans presque tous les cabinets que nous accompagnons. Il paralyse les décisions, repousse les recrutements et finit par coûter cher en surcharge, en opportunités manquées, en collaborateurs épuisés qui finissent par partir.
La réalité, c'est que la question n'est pas "faut-il recruter ou automatiser", mais : "Qui recruter aujourd'hui pour être performant demain ?" Car oui, le métier change. Oui, certaines tâches vont disparaître. Mais non, vous n'allez pas remplacer vos collaborateurs par des logiciels. Vous allez avoir besoin de profils différents, capables de faire ce que les machines ne feront jamais (conseiller, accompagner, créer de la relation…).
Dans cet article, nous allons poser les bases d'un recrutement réussi en cabinet d'expertise comptable. Pas une méthode théorique, mais une approche pragmatique, construite à partir de ce que nous observons sur le terrain.
Commençons par crever l'abcès. Depuis l'annonce de la facture électronique obligatoire, une question revient en boucle dans les cabinets : "Si la saisie disparaît, à quoi vont servir mes collaborateurs ?" Certains dirigeants en tirent une conclusion un peu hâtive : inutile de recruter maintenant, attendons de voir.
Eh bien, c'est une erreur et elle risque de vous coûter cher.
Soyons clairs : oui, la facture électronique va transformer le quotidien des cabinets. La récupération automatique des données, la pré-comptabilisation, les rapprochements bancaires assistés, etc. tout cela va réduire drastiquement le temps passé sur la saisie. Les outils existent déjà et ils vont se généraliser.

Mais voilà ce que beaucoup oublient : la saisie n'a jamais été la valeur ajoutée d'un cabinet. C'était une contrainte. Un passage obligé. Le temps que vos collaborateurs passaient à ressaisir des factures, c'était du temps qu'ils ne passaient pas à analyser, conseiller et anticiper.
L'automatisation ne va pas supprimer le besoin de collaborateurs, elle va supprimer les tâches que personne n'avait envie de faire. Et, disons-le, c'est une excellente nouvelle.
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Voici ce qui va progressivement s'effacer :

Légende : Un exemple de logiciel gérant la facturation électronique : Qonto.
Et voici ce qui va prendre de plus en plus de place :
Autrement dit, le métier ne disparaît pas, il se déplace et ce déplacement crée un besoin massif de compétences que vous n'avez peut-être pas encore dans vos équipes.
Voici le scénario que nous voyons se dessiner dans de nombreux cabinets d’expertise comptable :
Aujourd'hui, vos collaborateurs passent une part significative de leur temps sur des tâches de production à faible valeur ajoutée. Demain, ces tâches seront automatisées. Vous allez donc "récupérer" du temps. Parfait.
Sauf que ce temps, il va falloir le réinvestir. Vos clients vont attendre davantage de conseil. Vos concurrents vont monter en gamme et si vous n'avez pas les profils capables de délivrer cette valeur, vous allez vous retrouver avec du temps libéré...mais rien à en faire. Ou pire : vous allez perdre des clients qui iront chercher ailleurs ce que vous ne savez pas leur apporter.
Le cabinet d’expert comptable qui attend la fin de la transition pour recruter aura deux problèmes au lieu d'un : un retard de compétences et un marché de l'emploi toujours aussi tendu.
Car c'est l'autre réalité qu'il ne faut pas ignorer : le marché des collaborateurs comptables est structurellement en tension. On se rapproche des 30 000 postes vacants (source) et on comptabilise aujourd’hui 17 000 offres d’emploi rien que sur Indeed. Les bons profils sont rares, sollicités et, par conséquent, exigeants. Si vous attendez d'être dos au mur pour recruter, vous recruterez dans l'urgence, avec moins de choix et probablement à un coût plus élevé.

La conclusion n'est pas qu'il faut recruter à tout prix, n'importe qui, n'importe quand. C'est qu'il faut recruter intelligemment, en anticipant ce que sera votre cabinet d’expertise comptable dans trois à cinq ans.
Cela signifie plusieurs choses :
Le faux dilemme "recruter ou automatiser" masque la vraie question : comment construire une équipe capable de délivrer la valeur que vos clients attendent, aujourd'hui et demain ?
Une fois le principe acté - oui, vous devez recruter - reste la question centrale : qui ?
C'est là que beaucoup de cabinets se trompent. Ils recrutent pour combler un vide immédiat, sans se demander si le profil recherché sera encore pertinent dans trois ans.
Recruter efficacement, c'est d'abord poser les bonnes questions avant de rédiger l'annonce.
Quand on interroge les dirigeants de cabinets d’expertise comptable sur leurs difficultés de recrutement, ce sont toujours les mêmes réponses qui reviennent :
Le marché propose beaucoup de profils juniors ou de profils très spécialisés sur la production, mais peu de collaborateurs immédiatement opérationnels sur les missions à valeur ajoutée. Et cette tension ne va pas se résorber…
Découvrez les clés du succès pour les cabinets d'expertise comptable. Un article où il est question de développement commercial.
Au-delà des compétences techniques (qui restent évidemment un prérequis), ce sont les compétences transversales qui vont faire la différence dans les années à venir.
A savoir :
La scorecard, c'est le document qui synthétise ce que vous recherchez chez un candidat. Beaucoup de cabinets en rédigent une, mais elle se limite souvent à une liste de tâches actuelles : "maîtrise de Sage", "expérience en révision", "connaissance des déclarations fiscales".
Ce n'est pas suffisant.
Une scorecard efficace doit intégrer trois dimensions :
Concrètement, cela signifie poser des questions différentes en entretien. Pas seulement "quels logiciels maîtrisez-vous ?", mais aussi "comment réagissez-vous quand un client vous pose une question hors de votre périmètre habituel ?", "racontez-moi une situation où vous avez dû vous adapter à un nouvel outil", "qu'est-ce qui vous intéresse dans le métier au-delà de la production ?".
Vous savez maintenant qui vous cherchez. Reste à le trouver.
Et c'est là que les choses se compliquent. Car le marché du recrutement en expertise comptable n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a dix ans. À l'époque, vous pouviez publier une annonce et recevoir des dizaines de candidatures. Aujourd'hui, vous publiez la même annonce et vous attendez…longtemps…parfois pour rien.
Le rapport de force s'est inversé. Ce ne sont plus les candidats qui doivent convaincre les cabinets. Ce sont les cabinets qui doivent convaincre les candidats.
Découvrez la raison d’être des cabinets d’expertise comptable : donner un sens à la profession et se différencier.
Commençons par les bases. Où trouver des candidats ?
Les plateformes d'emploi généralistes (Indeed, HelloWork, France Travail) restent un point de passage. Elles offrent de la visibilité et permettent de capter des profils en recherche active.
Mais la concurrence y est forte et la qualité des candidatures inégale. Vous allez recevoir beaucoup de CV, dont une minorité correspondra réellement à votre besoin.

Les plateformes spécialisées (comme Hubemploi, la plateforme proposée par l'Ordre des experts-comptables) ciblent mieux, mais touchent un vivier plus restreint. Elles sont utiles pour des profils techniques, moins pour des profils atypiques ou en reconversion.

LinkedIn est devenu incontournable. C'est à la fois une plateforme de diffusion (vous pouvez y publier vos offres) et un outil de chasse (vous pouvez y identifier et contacter directement des candidats potentiels).

La chasse directe (on parle aussi de "sourcing actif") est particulièrement efficace pour toucher des profils qui ne sont pas en recherche active mais qui pourraient être ouverts à une opportunité. Elle demande, c’est vrai, du temps, de la méthode et des messages personnalisés, car un message générique envoyé en masse ne donnera rien.
Au-delà de ces canaux digitaux, la cooptation reste l'un des canaux les plus efficaces. Vos collaborateurs connaissent des anciens collègues, des camarades de promotion, des contacts dans la profession. En mettant en place une prime de cooptation, vous les incitez à activer leur réseau. Et les candidats recommandés ont souvent un taux de réussite supérieur : ils arrivent avec une connaissance indirecte du cabinet et une validation implicite par quelqu'un de confiance.
Retenez qu’aucun de ces canaux ne suffit à lui seul. La bonne stratégie, c'est de les combiner : une présence sur les plateformes pour la visibilité, du sourcing actif sur LinkedIn pour aller chercher les meilleurs et la cooptation pour capitaliser sur votre réseau existant.
Vous pouvez multiplier les canaux de sourcing, optimiser vos annonces, relancer les candidats, si votre cabinet n'a rien d'attractif à offrir, vous n'attirerez pas les bons profils (ou vous les attirerez, mais ils partiront chez le concurrent au bout de six mois…).
La marque employeur, ce n'est pas un logo ou un slogan. C'est la réponse à une question simple : pourquoi un bon candidat choisirait-il de travailler chez vous plutôt qu'ailleurs ?
Cette question mérite une vraie réflexion. Qu'est-ce qui vous différencie :
Vous devez savoir ce que vous proposez réellement et être capable de le formuler.
L'offre d'emploi est souvent le premier contact entre vous et un candidat.
Trop souvent, elle ressemble à toutes les autres : une liste de missions, une liste de compétences requises, une phrase sur "l'ambiance dynamique" et c'est tout.
Pour sortir du lot, votre offre doit répondre à trois exigences :
La question du salaire est centrale. Trop bas, vous n'attirez personne ou vous attirez des profils par défaut. Trop haut, vous déséquilibrez votre structure de coûts et vous créez des tensions avec les collaborateurs en place.
La première étape, c'est de connaître le marché. Les grilles de rémunération évoluent vite et ce qui était compétitif il y a deux ans ne l'est peut-être plus. Consultez les études de rémunération publiées par les cabinets de recrutement spécialisés, interrogez votre réseau, regardez ce que proposent les offres concurrentes.

Source : Liberall Conseil
La deuxième étape, c'est de définir votre positionnement. Vous n'êtes pas obligé d'être le mieux-disant sur le salaire, mais si vous proposez moins que le marché, vous devez compenser par autre chose : flexibilité, qualité de vie, perspectives d'évolution, intérêt des missions.
Un candidat peut accepter un salaire légèrement inférieur s'il perçoit une vraie valeur ajoutée sur d'autres critères.
La troisième étape, c'est d'être cohérent en interne. Recruter quelqu'un à un niveau de salaire supérieur à celui de collaborateurs plus anciens, c'est créer un problème. Avant de fixer le salaire d'une nouvelle recrue, vérifiez que votre grille interne est à jour, quitte à revaloriser certains collaborateurs en poste.
Vous avez trouvé un candidat qui correspond à votre besoin. Il est intéressé. Tout semble bien engagé.
C'est maintenant que tout peut basculer.
Car entre le premier échange et la signature du contrat, il y a un parcours semé d'embûches.
Et même après la signature, rien n'est gagné : un collaborateur mal intégré peut partir au bout de quelques mois.
Le processus de recrutement ne s'arrête pas à l'acceptation de l'offre, il s'arrête quand le collaborateur est autonome, engagé et épanoui dans son poste.
Un processus de recrutement efficace n'a pas besoin d'être complexe, mais il doit par contre être structuré, avec des étapes claires et un objectif précis à chaque étape :
Si vous mettez trois semaines à répondre entre chaque étape, vous allez perdre vos meilleurs candidats.
La réactivité est devenue un facteur différenciant. Les bons profils ne restent pas longtemps sur le marché. Si vous tardez, quelqu'un d'autre signera avant vous. Idéalement, le délai entre le premier contact et l'offre finale ne devrait pas dépasser deux à trois semaines. Cela suppose de bloquer du temps dans votre agenda pour les entretiens et de prendre des décisions rapidement.
La communication est l'autre point critique. Un candidat qui n'a pas de nouvelles pendant dix jours va imaginer le pire ou passer à autre chose. Même si vous n'avez pas encore pris de décision, envoyez un message pour dire où vous en êtes. Cette attention montre que vous respectez le candidat et que vous êtes un employeur sérieux.
À l'inverse, voici ce qui fait fuir les bons candidats :
Le contrat est signé, le collaborateur arrive…et c'est le vide. Pas de poste de travail prêt. Pas de planning d'intégration. Un vague "on va te montrer" et une immersion dans le grand bain dès le premier jour.
Le nouveau collaborateur se retrouve livré à lui-même, à essayer de comprendre comment les choses fonctionnent, qui fait quoi, où trouver les informations. Le risque, c’est une démission dans les premiers mois.
Le coût d'un recrutement raté (entre le temps passé, la formation investie et la désorganisation engendrée) se chiffre en dizaines de milliers d'euros. Sans compter l'impact sur le moral des équipes.
L'intégration n'est pas un "nice to have". C'est une étape du recrutement à part entière, qui mérite autant d'attention que la sélection.
Le plan 30/60/90 jours est une méthode simple et efficace pour structurer les premiers mois d’intégration d’un nouveau collaborateur :
L'intégration ne s'arrête pas à 90 jours. Un collaborateur peut très bien réussir sa prise de poste et se désengager six mois plus tard.
Votre rôle, en tant que dirigeant ou manager, est de maintenir le dialogue dans la durée. Des points réguliers (mensuels ou trimestriels) permettent de prendre le pouls, de détecter les frustrations avant qu'elles ne deviennent des décisions de départ.
Quelques signaux doivent vous alerter :
Ces signaux ne sont pas toujours faciles à interpréter, mais ils méritent une attention car, honnêtement, mieux vaut une conversation franche trop tôt qu'un courrier de démission trop tard.
Un collaborateur qui n'apprend plus est un collaborateur qui s'ennuie. Et un collaborateur qui s'ennuie finit par partir. Point.
La formation continue n'est pas un coût, c'est un investissement. Elle permet de maintenir les compétences à jour, d'accompagner l'évolution du métier et de montrer au collaborateur que vous misez sur lui.
Cela peut prendre des formes variées : formations externes certifiantes, formations internes entre pairs, participation à des conférences, accès à des ressources en ligne.
Au-delà de la formation formelle, c'est la culture du feedback et de la progression qui compte. Un collaborateur qui reçoit des retours réguliers sur son travail (positifs comme constructifs) progresse plus vite et se sent plus engagé.
Faire grandir vos collaborateurs, c'est aussi leur confier progressivement plus de responsabilités. Un collaborateur cantonné aux mêmes tâches pendant des années va plafonner et chercher ailleurs de quoi se renouveler. En lui ouvrant de nouveaux périmètres, en l'associant à des projets transverses, en lui donnant l'occasion de former les plus juniors, vous créez un chemin de progression qui donne envie de rester.
Recruter dans un cabinet d'expertise comptable n'a jamais été aussi complexe. Marché en tension, mutations technologiques, nouvelles attentes des candidats : les dirigeants doivent repenser leur approche de A à Z.
Mais cette complexité est aussi une opportunité. Les cabinets qui sauront recruter intelligemment (en anticipant les compétences de demain, en construisant une vraie marque employeur, en structurant leur processus et en soignant l'intégration) prendront une longueur d'avance.
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Chez Liberall Conseil, nous accompagnons les cabinets d'expertise comptable dans leur transformation : définition des profils, marque employeur, structuration des équipes, montée en compétences.
Notre objectif est de vous rendre autonome dans votre capacité à attirer, recruter et fidéliser les talents dont vous avez besoin pour grandir.
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